Suite Rentrée paroissiale du 4/10/2026

Homélie du Père Emmanuel Mustière à la messe de rentrée dans la chapelle de l’hôpital.

Homélie du dimanche 4 octobre 2026 – Solennité des Saintes Marthe et Marie – Messe de rentrée Paroisse Ste Marthe et Marie entre Sèvre et Loire

Comment fêter le premier anniversaire de la naissance de notre paroisse ? Pour ce premier anniversaire, avec l’EAP nous voulions vivre des choses simples. Tout simplement entrer ensemble dans l’année Père de Montfort en paroisse. Et commencer à décliner ensemble les différents aspects de son message, l’actualité de sa spiritualité : l’incarnation, la croix, la mission en direction des pauvres d’abord, la Parole de Dieu, la vie avec la Vierge Marie, la douceur, la confiance en la providence. C’est ce que nous avons vécu au long de cette journée : ateliers, douceur de la rencontre, conférence. Tout était prévu pour clôturer notre journée de rentrée ensemble en célébrant l’eucharistie près de ce pont si souvent franchi par le Père de Montfort, à l’église paroissiale St Jacques. Et voici que nous nous retrouvons dans la chapelle d’un hôpital, la chapelle de l’hôpital St Jacques.

Ça, ça n’était pas prévu. Un imprévu qui nous donne de faire confiance à la Providence ! Quoi de mieux pour comprendre la providence que de la vivre ? Quel farceur ce Montfort ! J’ai comme l’impression que cette année nous réserve bien des surprises… Notre évêque a-t-il eu raison de placer cette année sous le patronage de ce saint hors-norme ? Rdv à la fin de l’année et nous le saurons. Toujours est-il que nous avons été obligés de nous laisser bousculer en cette rentrée. Comme si le Seigneur voulait nous avertir : ne vous installez pas ! Vous êtes fiers de votre paroisse, n’est-ce pas ? Vous avez un beau projet pastoral, des services qui fonctionnent et même une belle signalétique pour vos maisons et vos salles paroissiales ? Alors revenez à l’évangile. L’évangile que vous voulez annoncer est d’abord à vivre dans votre propre chair. En ce sens, notre présence ce soir dans la chapelle de l’hôpital St Jacques est une grâce. Nous y faisons l’expérience d’être accueillis comme des pauvres qui n’avaient pas d’endroit où reposer la tête. « Heureux les pauvres, le royaume des cieux est à eux », a dit Jésus. Nous avons une belle icône au pied de l’autel intitulée « l’hospitalité de Béthanie ». Nous voudrions accueillir, mieux accueillir dans notre paroisse et Jésus nous dit : laisse-toi accueillir. Alors tu pourras accueillir à ton tour. Pour vivre la mission, notre richesse n’est pas dans nos moyens, la preuve… Notre trésor, c’est Dieu qui nous le donne. Lors des vêpres à Notre-Dame de Paris, vendredi dernier, le pape Léon XIV a bien exprimé cela aux consacrés, diacres, prêtres et séminaristes lorsqu’il a dit : « La pauvreté des moyens n’empêche pas la mission, car c’est la grâce de Dieu qui permet la liberté intérieure et la sobriété de vie, afin de refléter un style évangélique. » Le sage Ben Sira le résumait en un mot il y a un instant : confiance. Alors que cette année, notre paroisse soit une école de la confiance.

Pour célébrer le premier anniversaire de la naissance de notre paroisse : direction l’hôpital. On aurait rêvé autre chose ! L’hôpital, le lieu de la révélation de la fragilité. « Si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort », dit Marthe à Jésus. Nous connaissons bien cette vive interpellation de Marthe, comme un cri de douleur devant la mort. Car nous ne sommes pas faits pour la mort. Ce cri n’est-il pas en même temps le reflet d’une tentation bien humaine : le refus de la fragilité. « Si tu avais été ici, je n’aurais pas eu à souffrir ». Est-ce bien si sûr ? Jésus n’est pas venu pour faire de nous des surhommes. Oui, notre chère Marthe, nous révèle ce qui habite secrètement nos rêves : la réussite sans l’échec, la force sans les faibles, la vie sans la mort, la gloire sans la croix. Avec Marthe, le Père de Montfort nous attendait dans un hôpital, comme tout a commencé pour lui dans un hôpital, à Poitiers. Pour revenir sans cesse à l’évangile de la miséricorde. Pour que l’Église soit un hôpital de campagne, aurait dit le pape François, ce que son successeur a exprimé autrement à Lourdes dimanche dernier mais qui revient au même. Dans sa rencontre avec les personnes malades et les hospitaliers, il a eu ces mots : « Chers frères et sœurs malades, je tiens à vous dire : vous n’êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre humanité et un trésor précieux pour l’Église. » Dans notre paroisse, grâce à nos saintes patronnes Marthe et Marie et à leur frère Lazare dont la maladie l’a conduit à la mort, nous avons sans cesse devant les yeux l’appel à aimer l’autre, l’appel à s’aimer soi-même quelles que soient les fragilités des uns et des autres. Et nous expérimentons que ce n’est pas avec nos seules forces que nous pouvons y parvenir. Ce que St Jean nous a rappelé il y a un instant : le secret de l’amour, c’est que nous n’aimons pas en premier, nous sommes d’abord aimés. La source de l’amour, c’est Dieu. C’est votre grande expérience à vous les catéchumènes. Avant d’aimer ceux qui vous seront donnés comme frères et sœurs par le baptême, vous êtes d’abord aimés par cette communauté qui vous accueille et vous attend. Quelle joie ! Votre présence est une bénédiction pour la communauté tout entière. Grâce à vous, tous les baptisés réapprennent à se laisser aimer par le Christ pour pouvoir aimer à leur tour. Alors avec vous, que cette année, notre paroisse soit une école de la charité.

Pour célébrer l’eucharistie de notre journée de rentrée, nous avons dû nous déplacer… Quelques dizaines de mètres, ça suffit pour bousculer. Marthe elle aussi s’est déplacée, lorsqu’elle a appris que Jésus venait à sa rencontre et à la rencontre de sa sœur Marie. L’apprenant, elle a quitté cette maison où nous l’avions laissée il y a un an. Souvenez-vous, c’est là qu’elle était accaparée par les multiples tâches du service tandis que sa sœur Marie demeurait assise aux pieds du Seigneur. Marthe est donc sortie à la rencontre de Jésus qui va lui faire vivre un second déplacement au moyen du dialogue qu’elle va entretenir avec Jésus. « Ton frère ressuscitera. Je sais qu’il ressuscitera, à la résurrection au dernier jour. » « Moi je suis la résurrection et la vie. » Jésus la fait passer de la foi en une résurrection lointaine à la foi en Lui qui est la résurrection aujourd’hui. Et tout bascule. Marthe grandit dans la foi et c’est la vie qui vient. C’est en allant vers Jésus qu’elle a trouvé la vie. Comme le Père de Montfort, par Marie nous entraîne à Jésus vivant. C’est étonnant comme les saints, aussi différents soient-ils, nous conduisent tous à Jésus. C’est étonnant comment notre déplacement d’un épisode de la vie de Marthe à l’autre nous permet de la découvrir sous un autre jour. L’an dernier, notre évêque nous avait mis en garde : ne tombez pas dans la caricature. N’opposez pas Marthe à Marie, cherchez à devenir les deux. Pas d’action sans contemplation, pas de vie spirituelle qui ne se traduise dans une charité concrète. Aujourd’hui, nous saisissons autre chose et St Louis-Marie nous l’atteste : la sainteté de Marthe consiste dans le fait qu’elle met toute sa confiance en Jésus. Au cours de la veillée de vendredi soir dernier au stade de France, les jeunes de 17 à 35 ans ont pris conscience de la richesse de l’histoire chrétienne de notre pays, une histoire qui est leur histoire, une histoire à poursuivre aujourd’hui. Tant et si bien que dans un élan du cœur, le Saint-Père leur a crié : « vous êtes les saints de France ». Quelques-uns de ces 80 000 jeunes sont présents parmi nous aujourd’hui. Alors, avec vous, les jeunes, avec St Louis-Marie, Stes Marthe et Marie, sans oublier leur frère St Lazare, que cette année, notre paroisse soit une école de la sainteté.

Confiance, charité, sainteté : cette année s’ouvre sur une belle perspective. Merci Marthe, merci Marie, merci Lazare, merci Louis-Marie, merci pape Léon. Merci Jésus. Dans l’amour de l’Esprit, porte notre action de grâce vers le Père. Amen.

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